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Coral Harbour

Coral Harbour

Région: 
Opérations scolaires de Kivalliq (OSKiv)

Community

À propos
Histoire: 

Coral Harbour tire son nom officiel des fossiles que l’on trouve dans le secteur environnant, et des données archéologiques prouvent que les Inuits ont habité l'ile de Southampton depuis l'époque de Dorset (500 av. J.-C. à 1500 apr. J.-C.). Ils appellent l'endroit Salliq, ce qui signifie « grande ile plate devant le continent. » Le premier contact répertorié avec les Européens remonte à 1613, quand l'explorateur britannique Thomas Button cherchait à la fois le passage du Nord-Ouest et des traces de ce qui était arrivé à Henry Hudson, entré en 1611 dans la baie qui porte aujourd’hui son nom. À l'époque, Button a nommé l'ile en l'honneur du comte de Southampton. À partir de la fin des années 1700, les eaux avoisinantes de l’ile ont constitué un secteur important de chasse à la baleine boréale, et ce, jusqu'au début des années 1900, alors que la population de baleines a chuté et que les technologies modernes se sont tournées vers d’autres sources d’huile. Connus sous le nom de Sallirmiuts, les Inuits de l’ile étaient probablement les derniers descendants du peuple de Thulé, mais la population a été totalement décimée en 1902-1903 par une probable épidémie de typhoïde sur l'ile, causée par un baleinier écossais. Des vestiges du campement peuvent être retrouvés à Native Point.

 

Aux alentours de 1912-1913, les Inuits de la région de Repulse Bay et de Chesterfield Inlet, sur la côte occidentale de la baie d'Hudson, ont migré sur l'ile. La Compagnie de la Baie d'Hudson (CBH) a établi un comptoir à Coral Harbour en 1924, qu’elle avait déménagé de Coats Island, non loin de là. Ceci a attiré les Inuits non seulement de la région de Southampton, mais également d'endroits situés beaucoup plus loin. Les missions anglicane et catholique ont commencé à être actives dans le secteur après l’arrivée de la CBH. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les militaires américains ont construit des installations et une piste d'atterrissage qui sont devenues partie intégrante de « l’itinéraire Crimson », qui servait au transport d'avions et de marchandises vers l’Europe par le nord. L'existence de la base militaire a servi de plateforme pour le développement du réseau DEW (réseau d’alerte avancé) pendant la période de la guerre froide qui a immédiatement suivi la Deuxième Guerre mondiale. Le gouvernement fédéral canadien est devenu plus actif dans le secteur avec la construction d'une école en 1950, d’une infirmerie en 1963 et de logements communautaires par la suite. Coral Harbour est devenu un hameau en 1972.

 

Le site Web pour l’orientation des employés du gouvernement du Nunavut offre un excellent éventail de ressources relatives à l’histoire du Nunavut en général, en plus d’un aperçu général de la culture et de l’histoire inuites ainsi qu’une explication sur la manière dont les principes culturels inuits sont intégrés dans les opérations et les services gouvernementaux. Nous vous recommandons de consulter ce site lorsque sa restructuration sera terminée. Pour le moment, vous pouvez obtenir de l’information à l’adresse suivante : http://www.gov.nu.ca/.

 

Culture, langue et vie communautaire: 

Coral Harbour est une communauté dite « traditionnelle », dans laquelle la chasse et la pêche forment une partie intégrante de la vie quotidienne. Le fait qu’un grand nombre de femmes de la localité confectionnent des parkas artisanales, des mitaines de fourrure cousues à la main et de la peau de phoque traditionnelle pour fournir des vêtements chauds à leur famille illustre bien la vivacité de la culture. Les églises constituent également une part importante du tissu social. Coral Harbour possède des églises de trois confessions chrétiennes : catholique romaine, anglicane et l'Église Glad Tidings. Consultez la liste des contacts pour les numéros de téléphone.

 

La langue utilisée à Coral Harbour est principalement l'inuktitut. Selon le recensement de 2011, 92 % des résidents déclarent l'inuktitut comme langue maternelle, et 73 % comme langue utilisée le plus souvent à la maison. Cependant, presque tous les résidents parlent également anglais. Environ 60 % de la population utilisent l'anglais comme deuxième langue à la maison et environ 5 % seulement déclarent qu'ils ne parlent pas anglais ou français. On retrouve également quelques francophones à Coral Harbour. Attendez-vous à ce que la plupart des réunions et des évènements publics soient animés en anglais et en inuktitut, mais pas à ce que les conversations courantes en inuktitut vous soient traduites automatiquement, seulement parce qu'un locuteur anglophone est présent. Il y a d’importantes variations entre les dialectes inuktituts au Nunavut. Par conséquent, si vous avez déjà parlé l’inuktitut dans une autre communauté, préparez-vous à apprendre des différences dialectales et à vous faire corriger votre usage par les résidents à l’occasion. Enfin, la langue inuite (l’inuktitut et l’inuinnaqtun), l’anglais et le français sont les langues officielles du Nunavut. Vous avez donc le droit de demander des services gouvernementaux dans la langue officielle de votre choix.

 

Selon les normes canadiennes, la population de Coral Harbour est jeune, mais elle se situe à un échelon moyen par rapport aux communautés du Nunavut. En 2011, on y a recensé 125 enfants d'âge préscolaire et 215 d'âge scolaire, de sorte que 41 % de la population est âgée de moins de 18 ans. Quatre pour cent de la population a plus de 65 ans, dont quelques personnes de 85 ans et plus.

Économie: 

Communauté assez « traditionnelle » et de taille moyenne, Coral Harbour possède une économie principalement locale, qui repose surtout sur l’approvisionnement en biens et services des résidents. Bien des gens pratiquent encore la chasse de subsistance. Les couturières locales vendent des vêtements traditionnels et modernes fabriqués sur commande, comme des bottes, des mitaines et des manteaux de divers types. Parmi les œuvres d'art et d'artisanat locales qui y sont produites, notons des pièces murales, des poupées inuites traditionnelles et des sculptures dans la stéatite (pierre à savon), l’os de baleine, l'ivoire de morse et le bois de caribou. Coral Harbour ne possède aucun bureau décentralisé du gouvernement territorial, tandis que ces bureaux occupent une place importante dans l'économie de plusieurs autres communautés du Nunavut; en contrepartie, les emplois saisonniers y sont importants pour ceux qui participent à la chasse sportive du caribou ou travaillent dans l'industrie de la construction et du tourisme local. Les excursions d’observation des oiseaux et de la faune marine avec les pourvoyeurs locaux sont populaires, de même que les randonnées dans le parc territorial du Sentier Fossil Creek et dans d'autres sites historiques de la région.

 

Comme dans plusieurs autres communautés du Nunavut, on ne retrouve aucune succursale bancaire à Coral Harbour et l’approvisionnement en argent comptant est souvent très limité. Les magasins Northern et Co-op offrent cependant certains services bancaires « de base », comme la possibilité d’avoir un petit compte avec le magasin ou d'encaisser des chèques. Il y a un guichet automatique au magasin Northern, mais il contient une quantité limitée de liquide. Les services de paiement Interac et par carte de crédit sont également disponibles dans la plupart des magasins de détail. Il est fortement recommandé que les nouveaux arrivants se familiarisent avec les services bancaires par Internet et les méthodes de paiement de facture en ligne, car le mauvais temps peut souvent retarder le service postal. 

Faune: 

La région de Coral Harbour abrite une abondante vie marine, comme le démontre sa longue histoire de chasse à la baleine et autres mammifères marins. Le site de Coates Island, à proximité, est un endroit de repos pour les colonies de morses. Les ours polaires fréquentent également le secteur. Deux réserves ornithologiques, le Refuge d'oiseaux migrateurs d’East Bay et le Refuge d'oiseaux migrateurs Harry Gibbons, attirent les ornithologues amateurs. Des milliers d'oies des neiges, mais aussi des cygnes siffleurs, des grues du Canada et d'autres espèces migrent vers le secteur au printemps. Les guillemots de Brünnich, les guillemots à miroir et les goélands nichent également à proximité. Le dernier caribou sauvage de l'ile a été abattu dans les années 1950, mais un nouveau troupeau a été réintroduit à la fin des années 1960. Pendant longtemps, les caribous étaient si nombreux que la chasse commerciale servait à contrôler leur nombre, mais le troupeau s’est réduit ces dernières années et la quantité de prises est désormais soigneusement contrôlée.

Suggestions de lecture: 
  • BENNETT, John et Susan ROWLEY, rédacteurs. Uqalurait: an oral history of Nunavut, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2004.
  • COPLAND, A. Dudley. Coplalook : Chief Trader, Hudson’s Bay Company, 1923-39, Winnipeg, Watson et Dwyer, 1989.
  • DORAIS, Louis-Jacques. The language of the Inuit: syntax, semantics and society in the Arctic, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2010.
  • EBER, Dorothy Harley. When the whalers were up North, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 1989.
  • FOSSETT, Renee. In order to live untroubled: Inuit of the Central Arctic, 1550-1940, Winnipeg, University of Manitoba Press, 2001.
  • ISSENMAN, Betty Kobayashi. Sinews of Survival: the living legacy of Inuit clothing, Vancouver, UBC Press, 1997.
  • MACDONALD, John. The Arctic sky: Inuit astronomy, star lore and legend, Iqaluit et Toronto, Institut de recherche du Nunavut et Musée royal de l'Ontario, 1998.
  • MCGHEE, Robert, Une histoire du monde arctique – Le dernier territoire imaginaire, Fides Inc., Saint-Laurent, 2006.
  • MORRISON, David et Georges-Hébert GERMAIN. Inuit: glimpses of an Arctic past, Hull, Musée canadien des civilisations, 1995.
  • PAUKTUUTIT INUIT WOMEN OF CANADA.  L’art de vivre inuit  –  Guide sur la culture inuit, éd. rév. Ottawa, Pauktuutit Inuit Women of Canada, 2006. 
  • RHOLEM, Karim. Uvattinnit : le peuple du Grand Nord, Montréal, Stanké International, 2001.