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Gjoa Haven

Gjoa Haven

Région: 
Opérations scolaires de Kitikmeot (OSKit)

Community

À propos
Histoire: 

Situé sur l'ile du Roi-Guillaume, l'emplacement actuel de Gjoa Haven a été choisi en 1903 par l'explorateur norvégien Roald Amundsen, qui l’a nommé ainsi d’après le nom de son bateau, le Gjoa, lequel est maintenant amarré sur le site d’un musée maritime à Oslo, en Norvège. Amundsen a été le premier explorateur européen à traverser le passage du Nord-Ouest avec succès, hivernant même dans le secteur. Il a appris les méthodes de survie dans le Grand Nord grâce aux Netsilik (également écrit Nattilik) qui ont fréquenté le secteur et appelé l'endroit Uqsuqtuuq (« endroit où la graisse est abondante »). Selon certains, son exploit de devenir la première personne à atteindre le pôle Sud pourrait être attribué à son utilisation de ces connaissances traditionnelles. Cette région avait été précédemment explorée par l'expédition de John Ross entre 1829 et 1833 et c’est tout près que l'expédition de John Franklin a péri en 1845, ces évènements contribuant à faire de Gjoa Haven un endroit d'importance pour les personnes intéressées à l'histoire de l'exploration européenne dans l'Arctique. La communauté est devenue de plus en plus sédentaire après que la Compagnie de la Baie d'Hudson y ait déplacé un comptoir commercial permanent à partir de Douglas Bay en 1927. Le statut de hameau a été accordé à Gjoa Haven en 1981.

 

Le site Web d'orientation du personnel du gouvernement du Nunavut (GN) offre également une excellente compilation de matériel sur l'histoire générale du Nunavut. Il procure une vue d'ensemble de la culture et de l'histoire des Inuits et de la façon dont les principes culturels inuits (les Inuit Qaujimajatuqangniit – communément nommés IQ Principles en anglais) sont incorporés dans les activités et les services du gouvernement. Nous vous recommandons de consulter ce site lorsque sa restructuration sera terminée. Pour le moment, vous pourrez sans doute obtenir de l’information à l’adresse suivante : http://www.gov.nu.ca/.

Culture, langue et vie communautaire: 

Les alentours de Gjoa Haven ont été occupés par les Netsilingmiuts (les « gens du phoque ») pendant plus de mille ans. En effet, en raison des phoques qui abondaient dans le secteur, le nom inuit de Gjoa Haven est Uqsuqtuuq, ce qui signifie « endroit où la graisse est abondante » dans le dialecte des Netsilingmiuts. Bien que l'inuktitut ne soit pas utilisé aussi couramment à Gjoa Haven que dans plusieurs autres communautés de l'Arctique oriental, les résidents y mènent toujours un style de vie très traditionnel, et beaucoup de familles passent un mois ou deux dans la toundra durant l'été. La chasse et la pêche demeurent des sources importantes de nourriture.

 

Comme dans une grande partie de la région de Kitikmeot, la langue inuite a perdu du terrain à Gjoa Haven. Presque tous les résidents parlent anglais et seulement 2% d’entre eux ne parlent que l'inuktitut. Lors du recensement de 2011, 55% des résidents ont déclaré que l'anglais était leur langue maternelle, contre 45% pour l'inuktitut. Officiellement, on ne retrouve aucun francophone à Gjoa Haven. La plupart des gens parlent l'anglais à la maison, mais 64% des gens utilisent aussi parfois l'inuktitut. Attendez-vous à ce que la plupart des réunions et des évènements publics soient animés en anglais et en inuktitut, mais pas à ce que les conversations courantes en inuktitut vous soient traduites automatiquement, seulement parce qu'un locuteur anglophone est présent. En outre, sachez que l’inuktitut possède plusieurs dialectes qui varient selon la région du Nunavut et qui possèdent chacun différentes variations. Ainsi, si vous avez appris à parler l'inuktitut dans une autre communauté, préparez-vous à apprendre les différences dialectales et à être repris dans votre manière de parler la langue par les résidents. Le Nunavut compte quatre langues officielles : la langue inuite (inuktitut et inuinnaqtun), l'anglais et le français. Vous avez donc pleinement le droit de demander des services gouvernementaux dans la langue officielle de votre choix.

 

Gjoa Haven est une communauté jeune et possède un taux de natalité élevé. Selon le recensement de 2011, on y retrouve 170 enfants d'âge préscolaire et 385 d'âge scolaire, pour un total de 43% de la population sous l’âge de 18 ans. L'âge médian y est de 21,2 ans. Cependant, Gjoa Haven compte dans sa population tout près de 60 ainés, soit une proportion plus élevée de la population (5%) que dans plusieurs autres communautés.

 

Les églises anglicanes et catholiques sont arrivées à Gjoa Haven dans les années 1950, et l'église pentecôtiste dans les années 1990. Quelques ainés pratiquent toutefois encore leur foi selon des croyances chamaniques inuites traditionnelles.

Économie: 

Gjoa Haven possède des bureaux décentralisés de deux ministères du GN : celui de la division des véhicules motorisés et des politiques des transports du ministère du Développement économique et des Transports, ainsi que la Commission des services juridiques du Nunavut. Cependant, ces deux bureaux comptent sur moins de 20 employés; ainsi, la plupart des résidents de Gjoa Haven occupent des emplois dans le secteur des services gouvernementaux à la communauté (enseignants, infirmières, employés du hameau) ou des emplois non-gouvernementaux. Beaucoup d'emplois sont saisonniers, puisque les domaines de la construction, du tourisme et de la chasse et de la pêche sont plus actifs en été. L’artisanat, en particulier la sculpture et les décorations murales, s’avère une source de revenus pour plusieurs gens.  

 

Tout près, le Sentier territorial du Passage du Nord-Ouest s’avère une destination touristique intéressante. De l'autre côté du golfe Reine-Maud, face à Gjoa Haven, se trouve le Refuge d'oiseaux migrateurs du golfe Reine-Maud, le plus grand du genre au Canada. Pour plus d’information à ce sujet : http://www.ibacanada.com/site.jsp?siteID=NU009&lang=fr

 

On ne retrouve aucune succursale bancaire à Gjoa Haven et l’approvisionnement en argent comptant est souvent très limité. Des guichets automatiques sont disponibles au magasin Northern et à la Co-op, avec un approvisionnement limité en argent comptant. Les services de paiement Interac et par carte de crédit sont disponibles dans la plupart des magasins de vente au détail. Il est fortement recommandé que les nouveaux arrivants se familiarisent avec les services bancaires par Internet et les méthodes de paiement de facture en ligne, car la météo capricieuse et les perturbations dans les transports peuvent souvent retarder le service postal.

Faune: 

Sur l'ile du Roi-Guillaume, on retrouve un petit troupeau de bœufs musqués ainsi que quelques caribous. Plusieurs oiseaux migrateurs comme des huards, des oies, des canards, des sternes, des labbes, des pluviers, des bruants des neiges et des harfangs des neiges visitent le secteur à la fin du printemps afin de s’y reproduire en été. En juin et juillet, la baie regorge de poissons et de phoques, et les gens du coin se déplacent vers un barrage traditionnel tout près pour pêcher l'omble chevalier pendant sa migration en aout.

Suggestions de lecture: 
  • AMUNDSEN, Roald. Expéditions d'Amundsen : photographies retrouvées, présenté par Roland Huntford, Paris, Albin Michel, 1988.
  • BALIKCI, Asen. The Netsilik Eskimo, New York, American Museum of Natural History Press, 1970.
  • BENNETT, John et Susan ROWLEY, rédacteurs. Uqalurait: an oral history of Nunavut, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2004.
  • DORAIS, Louis-Jacques. The language of the Inuit: syntax, semantics and society in the Arctic, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2010.
  • EBER, Dorothy Harley. Encounters on the Passage: Inuit meet the explorers, Toronto, University of Toronto Press, 2008.
  • ISSENMAN, Betty Kobayashi. Sinews of Survival: the living legacy of Inuit clothing, Vancouver, UBC Press, 1997.
  • MACDONALD, John. The Arctic sky: Inuit astronomy, star lore and legend. Iqaluit et Toronto, Institut de recherche du Nunavut et Musée royal de l'Ontario, 1998.
  • MCGHEE, Robert. Une histoire du monde arctique : le dernier territoire imaginaire, Saint-Laurent, Fides, 2006.
  • MORRISON, David et Georges-Hébert GERMAIN. Inuit: glimpses of an Arctic past, Hull, Musée canadien des civilisations, 1995.
  • PAUKTUUTIT INUIT WOMEN OF CANADA. L’art de vivre inuit  –  Guide sur la culture inuit, éd. rév., Ottawa, Pauktuutit Inuit Women of Canada, 2006.