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Grise Fiord

Grise Fiord

Région: 
Opérations scolaires de Qikiqtani (OSQ)

Community

À propos
Histoire: 

La localité de Grise Fiord se distingue sur deux plans : il s’agit de la plus petite communauté du Nunavut, et elle regroupe la population civile la plus septentrionale du Canada. Le nom de la localité en inuktitut, Ausuittuq, signifie « l’endroit où il n’y a jamais de dégel ». Des récits du Groenland indiquent que des groupes d’Inuit nomades ont visité la région au XIXe siècle. Il n’y a toutefois aucune preuve témoignant de l’établissement de camps permanents. L’explorateur norvégien Otto Sverdrup, qui a donné à Grise Fiord son nom officiel actuel, estimait que le son que produisaient les nombreux morses de la région était similaire à celui du « grise » - cochon, en norvégien.

 

Contrairement à de nombreuses communautés du Nunavut qui sont nées de l’occupation qu’a entrainé la présence d’animaux, la communauté de Grise Fiord découle de la réinstallation forcée d’Inuit, qui provenaient du nord du Québec et de Pond Inlet, près du poste de la GRC de Craig Harbour, en 1953. Le poste de la GRC existe depuis 1922. Les familles ont été déplacées de Craig Harbour à l’emplacement actuel en 1956. En 1962, le gouvernement canadien a construit la première école et les premiers logements dans la communauté. En 2008, le gouvernement fédéral a présenté des excuses officielles aux Inuit pour le traitement qu’ils ont reçu, et en 2010, un monument a été érigé à la mémoire des évènements et des familles qui n’ont pas survécu.

 

Sur son site internet, destiné à l’orientation des employés, le gouvernement du Nunavut (GN) offre un excellent ensemble de documents portant sur l’histoire générale du Nunavut, un aperçu de la culture et de l’histoire des Inuit ainsi qu’une explication de l’intégration des principes culturels inuits dans les opérations et les services gouvernementaux. Nous vous recommandons de consulter ce site lorsque sa restructuration sera terminée.  Pour le moment, vous pourrez sans doute obtenir de l’information à l’adresse suivante : http://www.gov.nu.ca/.

Culture, langue et vie communautaire: 

Bien que les résidents de Grise Fiord se soient adaptés à la vie moderne sur le plan de la scolarité, du travail de bureau et de l’utilisation des technologies de l’information, leur mode de vie demeure profondément traditionnel. Les gens pratiquent la chasse, la pêche, la couture, la sculpture, la danse du tambour et d’autres activités, ce qui leur permet de conserver leur patrimoine inuit. Les motoneiges sont un élément pratique du quotidien, mais les attelages de chiens servent encore dans le cadre de la chasse traditionnelle à l’ours polaire.

 

Il n’y a qu’une seule église à Grise Fiord. L’église anglicane St. Peter’s est desservie par un membre du clergé qui s’occupe également des églises anglicanes de Pond Inlet et de Resolute Bay. Les résidents locaux pourront fournir de plus amples renseignements sur l’horaire des services.

 

Grise Fiord est unique au Nunavut, compte tenu de sa taille minuscule et de son extrême isolation même par rapport aux autres communautés du Nunavut. La plupart des résidents du hameau descendent de l’un des deux groupes de familles inuites qui y ont été relocalisées : les gens du Nord du Québec et les gens du Nord de l’ile de Baffin. Selon le recensement de 2011, l’inuktitut est la principale langue et 85% des résidents indiquent que l’inuktitut est leur langue maternelle. C’est dans des proportions semblables que les résidents utilisent l’inuktitut à la maison comme première ou deuxième langue. Grise Fiord compte également quelques francophones. De plus, mis à part peut-être une poignée de résidents, tout le monde parle anglais. On peut s’attendre à ce que la plupart des réunions ou évènements publics se déroulent en anglais ou en inuktitut, mais au quotidien, on entend l’inuktitut, et il ne faut pas s’attendre à ce que les conversations générales en inuktitut soient automatiquement traduites parce qu’une personne qui parle l’anglais est présente. Les  dialectes inuktituts varient grandement dans tout le Nunavut. Par conséquent, si vous avez déjà parlé l’inuktitut dans une autre communauté, préparez-vous à apprendre des différences dialectales. Il pourrait aussi arriver que des résidents locaux corrigent votre usage. La langue inuite (l’inuktitut et l’inuinnaqtun), l’anglais et le français sont les langues officielles du Nunavut. Vous avez donc le droit de demander des services gouvernementaux dans la langue officielle de votre choix.

 

Selon le recensement de 2011, la localité réunit 10 enfants d’âge préscolaire et 45 enfants d’âge scolaire, pour une proportion de 42 % des membres de la population qui ont moins de 18 ans. L’âge médian de la communauté est de 24,7 ans. En 2011, aucun résident de plus de 65 ans n’a été recensé.

Économie: 

L’économie locale de Grise Fiord est axée surtout sur la prestation de biens et de services aux résidents locaux. Bon nombre de personnes tirent une partie de leur subsistance de la terre en pratiquant principalement la chasse traditionnelle aux mammifères marins et à l’occasion, au bœuf musqué. La chasse contribue à compenser pour les couts extrêmement élevés de la nourriture dans la communauté. Comparativement à de nombreuses autres communautés du Nunavut, Grise Fiord a relativement peu de possibilités économiques. Des efforts sont toutefois déployés pour accroitre le potentiel touristique du hameau, compte tenu de sa faune abondante et de son panorama spectaculaire. Bon nombre de résidents locaux fournissent des biens et des services de guide pour la chasse sportive commerciale à l’ours polaire, une activité strictement règlementée qui a une grande importance économique pour la communauté. À l’occasion, les visiteurs du Parc national Quttinirpaaq (http://www.pc.gc.ca/fra/pn-np/nu/quttinirpaaq/index.aspx) visitent aussi la communauté. Des artistes et artisans, y compris des sculpteurs et des couturières, vendent leurs œuvres directement à la Co-op ou par son entremise.

 

Comme c’est le cas dans la plupart des communautés du Nunavut, il n’y a pas de succursales bancaires à Grise Fiord, et il arrive souvent que les sommes disponibles en espèces soient très limitées. La Co-op offre des services bancaires de base, par exemple la possibilité d’avoir un petit compte au magasin, d’encaisser des chèques moyennant des frais, etc. Compte tenu des fréquents retards du service postal en raison des intempéries climatiques nuisant aux transports, nous recommandons vivement aux nouveaux arrivants d’opter pour les services bancaires en ligne et d’y effectuer le paiement de leurs factures.

Faune: 

Située du côté méridional de l’ile Ellesmere, la région entourant Grise Fiord accueille une faune très diverse, y compris des phoques, des narvals, des morses, des bélugas et des ours polaires. La chasse sportive commerciale à l’ours polaire, strictement contrôlée en vertu des règlements sur les ressources fauniques, constitue une partie de l’économie de la communauté. Il est possible de voir des bœufs musqués dans les environs, de même que du petit gibier, tel que le renard, le lemming et le loup. En été, une vaste gamme d’oiseaux migre dans la région. La Réserve nationale de faune de Nirjutiqavvik (http://www.ec.gc.ca/ap-pa/default.asp?lang=Fr&n=0B0F6D26-1), située à 100 kilomètres de Grise Fiord et créée en 1995, est l’une des cinq Réserves nationales fauniques au Nunavut. La Réserve est renommée pour ses magnifiques falaises qui offrent un lieu de nidification idéal pour un grand nombre d’oiseaux de mer, surtout sur l’ile Coburg. Pendant l’été, on peut voir 30 000 couples de mouettes tridactyles et 160 000 couples de guillemots de Brünnich sur les minuscules corniches des hautes falaises des côtes est et sud de l’ile. Le site Web du hameau (http://www.grisefiord.ca/fr/wildlife.html) décrit en détail la faune locale, selon les saisons.

Suggestions de lecture: 
  • BENNETT, John & Susan ROWLEY, eds. Uqalurait: an oral history of Nunavut. Montréal & Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2004.
  • Commission royale sur les peuples autochtones. La réinstallation d'Inuit dans l'Extrême-Arctique. Ottawa: La Commission, 1994.
  • DORAIS, Louis-Jacques. The language of the Inuit: syntax, semantics and society in the Arctic. Montréal & Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2010.
  • GRANT, Shelagh D. Sovereignty or security? Government policy in the Canadian North 1936-1950. Vancouver : University of British Columbia Press, 1988.
  • ISSENMAN, Betty Kobayashi. Sinews of Survival: the living legacy of Inuit clothing. Vancouver: UBC Press, 1997.
  • MACDONALD, John. The Arctic sky: Inuit astronomy, star lore and legend. Iqaluit et Toronto: Institut de recherche du Nunavut et Musée royal de l'Ontario, 1998.
  • MCGHEE, Robert. The last imaginary place: a human history of the Arctic world. Toronto: Key Porter Books, Musée canadien des civilisations, 2004.
  • MORRISON, David and Georges-Hébert GERMAIN. Inuit: glimpses of an Arctic past. Hull: Musée canadien des civilisations, 1995.
  • PAUKTUUTIT INUIT WOMEN OF CANADA. L’art de vivre inuit  –  Guide sur la culture inuit, éd. rév. Ottawa : Pauktuutit Inuit Women of Canada, 2006
  • RHOLEM, Karim. Uvattinnit: the people of the far north. Montréal: Stanké International, 2001.
  • TESTER, Frank James et KULCHYSKI, Peter. Tammarniit (mistakes): Inuit relocation in the Eastern Arctic 1939-63. Vancouver : University of British Columbia Press, 1994.

 

Références

Les références des sites Web ont été mises à jour en juillet 2013.

  • Nunavut Liquor Act Review: a Summary of the Act, 2010
  • Nunavut Handbook, 2004
  • Annuaire téléphonique de NorthwesTel, mars 2012-février 2013
  • Statistique Canada. 2012. Grise Fiord, Nunavut (Code 6204025) et Nunavut (Code 62) (tableau). Profil du recensement, Recensement de 2011, produit nº 98-316-XWF au catalogue de Statistique Canada. Ottawa. Diffusé le 24 octobre 2012. [données consultées le 21 janvier 2013]