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Iqaluit

Iqaluit

Région: 
Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN)
Opérations scolaires de Qikiqtani (OSQ)

Community

À propos
Histoire: 

Iqaluit, la capitale du Nunavut, est située à l’extrémité d’une longue baie ainsi nommée en l’honneur de Sir Martin Frobisher qui croyait avoir découvert le fameux passage du Nord-Ouest en 1576. À l’origine, il a appelé cette baie, Frobisher Straites (selon la graphie de l’époque). Durant de nombreuses années, la localité fut aussi connue sous le nom de Frobisher Bay. Les Inuit vivent dans les environs depuis des milliers d’années, se déplaçant au rythme des migrations saisonnières de la faune. Iqaluit ou « l’endroit des poissons » en inuktitut fait référence à la pêche qui était pratiquée sur la rivière Sylvia Grinnell lors de la montaison de l’omble chevalier. Comme bien d’autres endroits au Nunavut à la fin du 18e siècle et au 19e, la baie de Frobisher a vu de nombreux baleiniers fréquenter ses eaux, principalement à partir de bases installées près de son embouchure, là où elle rejoint le détroit de Davis. En 1861, tandis qu’il participait aux recherches pour retrouver John Franklin, Charles Francis Hall, avec l’aide de guides inuits, a remonté la baie presque jusqu’à l’endroit du site actuel d’Iqaluit. À l’origine, Kimmirut était le centre administratif de la région sud de Baffin, avec des représentants de l’Église anglicane et de la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) qui partaient de là pour se rendre aux campements avoisinants. En 1914, la CBH a ouvert un poste de traite à l’inlet Ward, situé à environ 65 kilomètres au sud-est d’Iqaluit. Ce poste fut déménagé à Apex en 1950, une communauté à majorité inuite (Apex fait aujourd’hui partie de la ville d’Iqaluit). La Gendarmerie royale du Canada s’est installée dans la région en 1920.

 

Malgré le fait que de nombreux campements inuits aient été installés aux alentours d’Iqaluit, le choix du site de la ville actuelle découle de la décision de la United States Air Force de construire, en 1942, une piste d’atterrissage qui servait d’étape à la route du nord vers l’Europe durant la Seconde Guerre mondiale. La base militaire qui a connu passablement d’activités à cette époque a bénéficié d’un renouveau dans les années 1950 comme site de la ligne DEW (réseau d’alerte avancée) durant la guerre froide. Les Inuit entreprirent de migrer vers la communauté, se bâtissant des cabanes ou de petites constructions multi usages sur les rives de l’inlet Koojesse, avec des matériaux rejetés par les militaires. (Utilisé pour décrire ces constructions, le mot « cabane » est toujours en usage de nos jours, mais sans la connotation négative qui y est souvent associée.) La United States Air Force a quitté en 1963. Le premier conseil municipal de Frobisher Bay fut élu en 1964 et Frobisher Bay, officiellement reconnu comme un établissement en 1970, devint un village (hameau) en 1974, puis une ville en 1980. En 1987, la communauté reprit son nom inuit d’origine : Iqaluit. À la suite de la signature, en 1993, de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut, lequel confirmait la création du Nunavut, un référendum pour choisir la capitale du nouveau territoire fut tenu en 1995 et le choix s’est arrêté sur Iqaluit. Le Nunavut a officiellement vu le jour en 1999 et, en 2001, Iqaluit en devint officiellement la capitale. Bien que les activités traditionnelles en milieu naturel constituent toujours une part importante du mode de vie à Iqaluit, la ville est devenue un centre névralgique du transport et des communications de même que le principal centre administratif du territoire du Nunavut. Par conséquent, la population a cru rapidement avec de nouveaux arrivants venant d’autres régions du Nunavut, du reste du Canada et d’autres pays. Et la ville a vu ses infrastructures et ses services croitre au rythme de l’expansion de sa population.

 

Le site Web pour l’orientation des employés du gouvernement du Nunavut offre un excellent éventail de ressources relatives à l’histoire du Nunavut en général, en plus d’un aperçu général de la culture et de l’histoire inuites ainsi qu’une explication de l’intégration des principes culturels inuits dans les opérations et les services gouvernementaux. Nous vous recommandons de consulter ce site lorsque sa restructuration sera terminée.  Pour le moment, vous pourrez sans doute obtenir de l’information à l’adresse suivante : http://www.gov.nu.ca/.

 

Culture, langue et vie communautaire: 

Avec la mixité de sa population, résidents de longue date, à la fois Inuit et qallunaat (non inuits), et nouveaux arrivants venus d’ailleurs au Nunavut, du Canada ou du reste du monde, Iqaluit jouit d’une vie culturelle et sociale très animée. Elle est plus cosmopolite et moins « traditionnelle » que la majorité des localités du Nunavut. Par contre, la culture inuite traditionnelle est encore bien présente et souvent mise en évidence dans certains évènements comme le Toonik Tyme (le festival annuel du printemps), la célébration des fêtes territoriales et nationales ainsi que les festins communautaires ou activités comme les défilés de mode mettant en vedette la haute couture de la fourrure ou les danses carrées organisées au centre paroissial anglican. Le musée Nunatta Sunakkutaangit possède des collections intéressantes et expose annuellement les collections imprimées des centres d’art comme ceux de Cape Dorset et de Pangnirtung. Depuis plusieurs années, Iqaluit est l’hôte du festival d’art et de musique Alianait!, qui met en scène des artistes locaux, circumpolaires et internationaux (http://www.alianait.ca/). Iqaluit est dotée de bars, de restaurants, de clubs privés ou de services, et la filiale de la Légion royale canadienne, l’une des plus animées au Canada, met souvent en vedette des étoiles internationales allant des Barenaked Ladies et Blue Rodeo à leurs débuts, jusqu’aux White Stripes et l’orchestre du Centre national des arts lors de leurs récentes tournées dans le Grand Nord.

 

À l’image de sa population diversifiée, Iqaluit recèle un large éventail de communautés spirituelles et religieuses. On y compte plusieurs églises chrétiennes, la plus connue étant la cathédrale anglicane St-Jude dont la structure est en forme d’iglou et qui est la cathédrale anglicane de l’Arctique de l’Est. Les Inuit locaux ont construit l’église originale, au début des années 1970, sur un site où la terre avait été retournée par la reine Elizabeth II lors d’une visite de la ville alors connue sous le nom de Frobisher Bay. Décorée de nombreuses œuvres d’art uniques, comme une croix en défenses de narval et de décorations murales faites de lainage feutré offertes par des couturières d’un peu partout dans l’Arctique, l’église fut détruite par un incendie criminel en 2005. Une version agrandie et plus moderne de ce lieu de culte fut construite grâce à des campagnes de financement réalisées à l’échelle nationale. Elle fut dédiée à nouveau et ouvrit ses portes aux fidèles en 2012. De nombreuses photographies d’Iqaluit montrent encore l’ancienne cathédrale. Première église anglicane de la région, l’église St-Simon à Apex est un exemple typique des petites églises construites dans tout l’Arctique dans les premiers temps des missions anglicanes. La salle paroissiale anglicane d’Iqaluit est le site de nombreuses célébrations communautaires inuites, comme les danses et les jeux de Noël. L’église catholique romaine Notre-Dame de l’Assomption a célébré le 50e anniversaire de la fondation de la paroisse en 2009 (http://ourladyofassumptioniqaluit.nu.ca/). Son centre paroissial est couramment utilisé. Iqaluit a aussi une église pentecôtiste et une congrégation Northern Lights Ministries.

 

De plus, Iqaluit abrite une communauté Baha’ï avec sa petite maison Baha’ï, une petite communauté musulmane (bien que sans mosquée officielle pour le moment). Enfin, on y trouve aussi un groupe de méditation Soto Zen et des fidèles du chamanisme traditionnel inuit.

 

De toutes les communautés du Nunavut, Iqaluit est celle où l’on retrouve la plus grande variété de langues. En raison de son rôle de capitale du Nunavut, des Nunavois et des Canadiens sont venus de partout pour y travailler. Vous entendrez parler l’anglais, la langue inuite et le français dans la rue. Vous verrez des panneaux de signalisation et des documents en anglais, en inuktitut et en français et, même, en inuinnaqtun. Lors du recensement de 2011, 45 % de la population a déclaré avoir l’anglais comme langue maternelle, 5 % le français, 46 % l’inuktitut et 4 % des langues non autochtones comme le tagalog, le hindi et l’allemand. L’anglais est la langue la plus souvent employée : 68 % des résidents l’utilisent à la maison et 98 % de la population le parlent. L’inuktitut est parlé à la maison, comme langue maternelle ou langue seconde, par 49 % des citoyens. Iqaluit est aussi une ville multilingue, 50 % des personnes interrogées ont déclaré parler régulièrement plus d’une langue à la maison. Des connexions aériennes directes entre Iqaluit, Ottawa et Montréal contribuent au fait qu’Iqaluit soit le centre de la population francophone du Nunavut. Elle abrite la seule école de langue française de tout le territoire, l’école des Trois-Soleils, et possède également sa propre radio de langue française. Propriétaire du centre communautaire francophone d’Iqaluit, l’Association des francophones du Nunavut (AFN) organise de nombreux évènements pour sa communauté et pour tous ceux qui aiment la culture canadienne-française. La plupart des réunions publiques à Iqaluit se déroulent en plusieurs langues, dont l’anglais et l’inuktitut, et souvent le français. La langue inuite (inuktitut et inuinnaqtun), l’anglais et le français sont les trois langues officielles au Nunavut. Vous avez donc le droit de demander des services gouvernementaux dans la langue officielle de votre choix.

 

La population d’Iqaluit est la plus âgée de toutes les communautés du Nunavut, bien qu’elle soit considérée comme jeune par rapport aux normes canadiennes. Selon le recensement de 2011, on y retrouve 615 enfants d’âge préscolaire et 1 310 enfants d’âge scolaire, ce qui représente 29 % de la population âgée de moins de 18 ans, ce qui est nettement inférieur aux 40 % à 50 % des autres communautés du Nunavut. L’âge moyen des citoyens est de 30,1 ans et 3 % de la population seulement a plus de 65 ans.

Économie: 

L’activité économique d’Iqaluit reflète le fait qu’elle est la plus grande communauté du Nunavut, la capitale et la principale plaque tournante du transport pour la région de l’Arctique de l’Est. En plus des nombreux emplois liés à la fonction publique, tant fédérale que territoriale, Iqaluit abrite une grande diversité d’organismes desservant l’ensemble du territoire ou, plus particulièrement, la population inuite. Ces organisations incluent les différentes cours de justice du Nunavut, l’hôpital régional Qikiqtani, la Nunavut Tunngavik Incorporated (NTI), les institutions publiques créées en vertu de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut, dont le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut et les organisations régionales inuites, différents bureaux d’organismes nationaux comme le Fonds mondial pour la nature ainsi que le plus important campus du Collège de l’Arctique du Nunavut pour ne nommer que ceux-là. À titre de plaque tournante du transport, Iqaluit accueille les lignes aériennes et les services nolisés les plus importants, en plus d’être le principal point de débarquement des marchandises acheminées par transport maritime. L’aéroport international accueille non seulement les avions à réaction assurant le lien avec les appareils plus petits qui se rendent dans les communautés de la région, mais également le trafic aérien en provenance d’autres pays et dont l’affluence augmente durant les mois plus chauds. Certains de ces vols utilisent le bureau des douanes canadiennes situé à Iqaluit comme point d’entrée au Canada. L’Armée canadienne utilise l’aéroport comme emplacement d’opérations avancé, et les manufacturiers internationaux, pour réaliser les essais par temps froid de leurs avions. Au cours des dernières années, de nombreuses entreprises offrant des services aux principaux employeurs de la ville ont vu le jour. Ainsi, Iqaluit jouit d’une grande variété d’entreprises indépendantes, d’ateliers, d’hôtels, de restaurants et d’installations de loisirs.

 

Bien que le secteur de l’administration et celui du transport soient les principaux moteurs de l’économie locale, l’exploration minière dans la région a mis en évidence plusieurs possibilités de développement importantes. La qualité de ses transports et son accessibilité ont fait d’Iqaluit la localité la plus fréquentée par les touristes au Nunavut et l’une des destinations privilégiées de l’industrie croissante des croisières dans l’Arctique. Les métiers d’art contribuent de façon importante à l’économie locale. Iqaluit jouit d’une population et d’un flux de visiteurs qui, conjugués, offrent un marché bien supérieur à celui des autres communautés plus petites. Par conséquent, les galeries d’art locales jouent le rôle d’agents, non seulement pour les artistes locaux, mais aussi pour ceux des plus petites communautés et présentent souvent des expositions de collections de gravures provenant d’autres ateliers à l’extérieur d’Iqaluit. De nombreux résidents participent toujours à l’économie traditionnelle et contribuent au panier de nourriture des membres de leur famille ou font partie des réseaux de partage de nourriture.

 

La ville est également un centre d'activités bancaires et de services financiers : elle abrite bon nombre de banques importantes et d’agences de financement. Cependant, plusieurs résidents font appel aux services bancaires par Internet et aux méthodes de paiement de factures en ligne, surtout à cause des retards fréquents des services postaux en raison des mauvaises conditions météorologiques. Les cartes de crédit et de débit Interac sont largement répandues et plusieurs guichets automatiques sont accessibles en ville (par exemple, à l’aéroport et dans l’édifice Astro Hill).

Faune: 

La diversité et les lieux de séjour de la faune aux environs d’Iqaluit varient en fonction des saisons. Compte tenu de sa localisation au fond de la baie de Frobisher, l’accès aux espèces marines à partir d’Iqaluit se limite au détroit de Davis et aux aires près du bord de la banquise qui se déplace tout au long de l’hiver, selon la température, les vents et l’influence des marées, dont l’amplitude dépasse les 9 mètres (30 pieds). À diverses périodes, on peut y voir des phoques du Groenland, annelés ou barbus, des morses, des bélougas ou autres baleines et des ours polaires. L’omble chevalier fréquente de nombreuses rivières et on peut trouver de la morue du côté sud de la baie. Les corbeaux passent l’hiver par ici et sont rejoints, durant l’été, par une grande variété d’oiseaux marins et terrestres : goélands, faucons et autres rapaces, oiseaux chanteurs, oies et canards ainsi que de grands voiliers de bruants des neiges. Récemment, on a pu remarquer quelques rougegorges pendant l’été, ce que certains perçoivent comme un indicateur du réchauffement climatique. Le caribou migre aux alentours de la localité et se tient habituellement à bonne distance de la ville; ce qui exige un investissement important de temps et de ressources pour le chasser. Les lemmings, les lièvres et les renards arctiques ainsi que les loups sont d’autres espèces terrestres également présentes.

Suggestions de lecture: 
  • BENNETT, John et Susan ROWLEY, rédacteurs. Uqalurait: an oral history of Nunavut. Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2004.
  • DORAIS, Louis-Jacques. The language of the Inuit: syntax, semantics and society in the Arctic. Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2010.
  • EBER, Dorothy Harley. When the whalers were up North. Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 1989.
  • ENO, Robert V. “Crystal Two: The Origin of Iqaluit.” Arctic, v. 56, no. 1, March 2003. Calgary: Arctic Institute of North America, University of Calgary, 2003.
  • ISSENMAN, Betty Kobayashi. Sinews of Survival: the living legacy of Inuit clothing. Vancouver, UBC Press, 1997.
  • MACDONALD, John. The Arctic sky: Inuit astronomy, star lore and legend. Iqaluit et Toronto, Institut de recherche du Nunavut et Musée royal de l'Ontario, 1998.
  • MCGHEE, Robert. The last imaginary place: a human history of the Arctic world. Toronto, Key Porter Books, Musée canadien des civilisations, 2004.
  • MORRISON, David et Georges-Hébert GERMAIN. Inuit: glimpses of an Arctic past. Hull, Musée canadien des civilisations, 1995.
  • NEWBERY, Nick. Iqaluit gateway to Baffin. Iqaluit: Publiée pour la Légion royale canadienne, filiale No. 4, Iqaluit par Nortext Pub. Co, 1995.
  • PAUKTUUTIT INUIT WOMEN OF CANADA. L’art de vivre inuit  –  Guide sur la culture inuit, éd. rév. Ottawa, Pauktuutit Inuit Women of Canada, 2006. 
  • RHOLEM, Karim. Uvattinnit: the people of the far north. Montréal: Stanké International, 2001.

 

 

Références

Les références aux sites Web ont été mises à jour en juillet 2013 :

  • Révision de la Loi sur les boissons alcoolisées : un résumé de la loi, 2010
  • Nunavut Handbook, 2004
  • Bottin téléphonique de NorthwesTel, mars 2012 à février 2013
  • Statistique Canada 2012. Iqaluit, Nunavut (Code 6204003) et Nunavut (Code 62) (tableau). Profil du recensement 2011. Statistique Canada Catalogue no 98-316-XWE. Ottawa. Publié le 24 octobre 2012. [consulté le 6 février 2013.]