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Kugaaruk

Kugaaruk

Région: 
Opérations scolaires de Kitikmeot (OSKit)

Community

À propos
Histoire: 

Kugaaruk, originairement nommé Pelly Bay (elle tient son nom de John Pelly, ancien administrateur de la Compagnie de la Baie d'Hudson), était jadis un lieu fréquenté par les nomades netsilingmiuts, descendants de la population de Thulé. Ils appelaient ce lieu Arviligjuak, ce qui signifie « l’endroit où il y a beaucoup de baleines boréales », jusqu’à ce que le nombre de baleines diminue en raison de la chasse. La situation géographique de Pelly Bay fait en sorte que les embâcles y sont fréquents, ce qui a dissuadé les gens d’y établir des stations de chasse à la baleine et des postes de traite. Ainsi, la plupart des Inuits ont continué de vivre de manière traditionnelle pendant une bonne partie du 20e siècle. Bien qu’en 1829, Sir John Ross se soit établi à proximité de Pelly Bay, les contacts avec les Européens sont demeurés limités. En 1935, le premier missionnaire arrive dans la région; une mission catholique y est établie en 1937. Dans le cadre du développement du réseau d’alerte avancée (réseau DEW), un site est construit en 1955. Puis, une communauté commence à se développer près de la base. En 1968, le gouvernement canadien entreprend d’y bâtir des logements, ce qui conduit à l’apparition du travail salarié. Suite à la création du Nunavut en 1999, la communauté change de nom pour s’appeler Kugaaruk, ce qui signifie « petite rivière », faisant référence à la rivière avoisinante.

Le site Web pour l’orientation des employés du gouvernement du Nunavut offre un excellent éventail de ressources relatives à l’histoire du Nunavut en général, en plus d’un aperçu de la culture et de l’histoire inuites ainsi qu’une explication sur la manière dont les principes culturels inuits sont intégrés dans les opérations et les services gouvernementaux. Nous vous recommandons de consulter ce site lorsque sa restructuration sera terminée. Pour le moment, vous pouvez obtenir de l’information sur le site Web du gouvernement du Nunavut.

Culture, langue et vie communautaire: 

Il n’y a plus qu’une poignée d’ainés ayant vécu plus de la moitié de leur vie sur la terre et selon les anciennes coutumes des Netsilingmiuts. Dans la communauté, la vie quotidienne allie la culture occidentale moderne et la culture inuite traditionnelle. Par exemple, il n’est pas rare de trouver une famille qui regarde la télévision par câble ou par satellite tout en mangeant de la nourriture traditionnelle – tel que de l’omble chevalier cru préparé et partagé sur le sol, dans un endroit désigné. L’école Kugaardjuk tient un site Internet qui documente l’histoire et les activités de la localité. Bien que le site ne soit pas récent (il date de 2000), il contient des photographies et des descriptions qui rendent compte de la vie à l’école et dans la communauté. À Kugaaruk, les ainés dirigent des programmes de construction de kayaks, pour que cette compétence ancienne reste vivante. Enfin, la vieille église de pierres qui se trouve à Kugaaruk, déclarée patrimoine historique, a été restaurée en 1995. Toutefois, la communauté fréquente désormais une nouvelle église catholique. Il n’y a pas d’église anglicane.

Bien que la majorité de la population de Kugaaruk soit inuite, les personnes qui ne parlent que l’inuktitut ne représentent que 2 % de la communauté. Le reste de la population parle l’anglais et près de 80 % des résidents se servent de l’anglais comme langue principale à la maison. Néanmoins, 67 % des membres de la communauté déclarent que l’inuktitut est leur langue maternelle, 20 % affirment que c’est leur langue d’usage à la maison et 59 % disent que l’inuktitut est la deuxième langue utilisée à la maison. La protection de la langue inuite soulève des préoccupations. La scolarité des enfants se déroule principalement en inuktitut jusqu’à la deuxième année. Attendez-vous à ce que la plupart des réunions ou évènements publics se déroulent dans les deux langues. De plus, il y a d’importantes variations entre les dialectes inuktituts au Nunavut. Par conséquent, si vous avez déjà parlé l’inuktitut dans une autre communauté, préparez-vous à apprendre des différences dialectales et à vous faire corriger votre usage par les résidents à l’occasion. Enfin, la langue inuite (l’inuktitut et l’inuinnaqtun), l’anglais et le français sont les langues officielles du Nunavut. Vous avez donc le droit de demander des services gouvernementaux dans la langue officielle de votre choix.

La population de Kugaaruk est très jeune. Selon le recensement de 2011, il y a environ 110 enfants d’âge préscolaire et 270 enfants d’âge scolaire. Aussi, 49 % de la population a moins de 18 ans, ce qui est l’âge médian de la communauté, et seulement 3 % de la population a plus de 65 ans.

Économie: 

Kugaaruk est une communauté traditionnelle où l’économie basée sur les salaires est surtout axée sur la dispensation de biens et de services aux résidents locaux. Bon nombre de personnes pratiquent également la chasse et la pêche de subsistance. De plus, cette communauté abrite des artistes et des artisans connus. Emily Illuitok, décédée en 2012, est reconnue pour ses sculptures en ivoire. Ses fils Liederik et Michael sont également des artistes. Agnes Iqqugaqtuq crée d’uniques décorations murales. Il n’y a pas de bureaux décentralisés du gouvernement à Kugaaruk, lesquels constituent une partie importante de l’économie dans de nombreuses communautés du Nunavut. Enfin, les pourvoyeurs locaux offrent des services aux touristes aventureux qui s’intéressent au paysage et à la faune de la région.

Comme c’est le cas dans de nombreuses communautés du Nunavut, il n’y a pas de succursale bancaire à Kugaaruk et il arrive souvent que la quantité d’argent comptant disponible soit extrêmement limitée. Il y a un guichet automatique à la Co-op, mais les sommes disponibles sont restreintes. Les services de cartes de débit Interac et de cartes de crédit sont disponibles. Il est fortement recommandé que les nouveaux arrivants s’inscrivent aux services bancaires par Internet et utilisent des méthodes de paiement de factures en ligne, car le mauvais temps peut souvent perturber les transports et retarder le service postal.

Faune: 

Il y a une faune très riche dans la région de Kugaaruk. Au nombre des mammifères marins locaux figurent les baleines boréales, les narvals, les bélougas et les phoques. La présence de l’omble chevalier est également remarquée dans les rivières. Les escarpements côtiers rocheux et les vallées de toundra forment un habitat pour les lièvres, les renards, les lagopèdes, les faucons et les troupeaux de caribous. On peut observer des ours polaires sur la terre ferme et dans l’océan.

Suggestions de lecture: 
  • BALIKCI, Asen. The Netsilik Eskimo, American Museum of Natural History Press, New York, 1970.
  • BENNETT, John et Susan ROWLEY [dir.]. Uqalurait: an oral history of Nunavut, McGill-Queen’s University Press, Montréal et Kingston, 2004.
  • DORAIS, Louis-Jacques. The language of the Inuit: syntax, semantics and society in the Arctic, McGill-Queen’s University Press, Montréal et Kingston, 2010.
  • ISSEMAN, Betty Kobayashi. Sinews of Survival: the living legacy of Inuit clothing, UBC Press, Vancouver, 1997.
  • MACDONALD, John. The Arctic sky: Inuit astronomy, star lore and legend, Iqaluit et Toronto, Institut de recherche du Nunavut et Musée royal de l'Ontario, 1998.
  • MCGHEE, Robert. Une histoire du monde arctique – Le dernier territoire imaginaire, Fides Inc., Saint-Laurent, 2006.
  • MORRISON, David et Georges-Hébert GERMAIN. Inuit: glimpses of an Arctic past, Musée canadien des civilisations, Hull, 1995.
  • PAUKTUUTIT INUIT WOMEN OF CANADA. L’art de vivre inuit  –  Guide sur la culture inuit, éd. rév. Ottawa, Pauktuutit Inuit Women of Canada, 2006.