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Kugluktuk

Kugluktuk

Région: 
Opérations scolaires de Kitikmeot (OSKit)

Community

À propos
Histoire: 

Le hameau de Kugluktuk s’appelait anciennement Coppermine – c’est le nom de la rivière qui se déverse dans le golfe Coronation à cet endroit-là. Le nom anglais du hameau est attribuable à une expédition de l’explorateur Samuel Hearne en 1771 qui cherchait du cuivre ainsi que d’autres opportunités économiques, tandis qu’il travaillait pour la Compagnie de la Baie d'Hudson (HBC). Pendant plusieurs années, les Inuits locaux, qui descendaient des Inuits Thulé de la région, étaient appelés les « Esquimaux du cuivre » parce que bon nombre de leurs outils étaient faits du cuivre qui se trouvait dans les dépôts au long de la rivière. John Franklin a aussi visité la région lors de l’une de ses expéditions terrestres le long de la rivière Coppermine (1819-1822) afin de cartographier la côte lors de sa quête pour trouver le passage du Nord-Ouest. John Richardson et George Back ont accompagné Franklin lors de cette expédition et sont reconnus pour avoir aussi effectué leurs propres expéditions.

 

Située à l’extrême Ouest du Nunavut, à l’embouchure de la rivière Coppermine, la région était conjointement occupée par les Inuits et les Dénés, entrainant de nombreux conflits et autres escarmouches entre les deux peuples. Les chutes Bloody Falls, qui se trouvent à proximité de la communauté, sont l’emplacement d’une altercation majeure entre les Inuits et les Dénés qui a causé la mort de plusieurs d’entre eux. En 1996, une cérémonie de guérison a eu lieu afin de surmonter les différends et les griefs historiques entre ces deux cultures.

 

Plus récemment, la région de Kugluktuk a été le lieu de nombreuses activités et expéditions. De même, elle fut la base du volet ethnographique de l’expédition arctique canadienne à laquelle prit part Diamond Jenness (1913-1916). La HBC y établit un poste de traite en 1927. Il s’ensuit l’établissement d’une mission anglicane en 1928 et de la GRC en 1932. Dans les années 40, une station météorologique et d’autres locaux fédéraux sont construits. Puis dans les années 70, des prospections minières, pétrolières et gazières ont lieu dans la région et créent des opportunités de formation et d’emploi. En 1996, le nom du hameau est changé pour Kugluktuk, en référence aux chutes qui se jettent dans la rivière se trouvant à proximité (kugluk).

 

Le site Web pour l’orientation des employés du gouvernement du Nunavut offre un excellent éventail de ressources relatives à l’histoire du Nunavut en général, en plus d’un aperçu de la culture et de l’histoire inuites ainsi qu’une explication sur la manière dont les principes culturels inuits sont intégrés dans les opérations et les services gouvernementaux. Nous vous recommandons de consulter ce site lorsque sa restructuration sera terminée. Pour le moment, vous pouvez obtenir de l’information sur le site Web du gouvernement du Nunavut.

Culture, langue et vie communautaire: 

Le Centre d’information et du patrimoine de Kugluktuk (Kugluktuk Heritage Visitor Centre) ainsi que le musée présentent de l’information historique et culturelle sur la localité, mettant en valeur l’artisanat et les arts locaux. La société patrimoniale Kitikmeot (The Kitikmeot Heritage Society) et le Nunavut Literacy Council visent à revivifier l’usage quotidien de l’inuinnaqtun dans la région de Kitikmeot avec des programmes d’acquisition de compétences, des publications en inuinnaqtun et d’autres initiatives. L’Église anglicane est présente à Kugluktuk depuis les années 20. Les lieux de culte actuels de la communauté sont l’église anglicane St. Andrew’s ainsi qu’une mission catholique, Christ the King.

 

Kugluktuk se situe dans une région où la langue inuite d’usage est l’inuinnaqtun, un dialecte de l’ouest qui utilise l’orthographe romaine plutôt que l’écriture syllabique inuktitut. L’anglais est néanmoins la langue principale parlée à la maison pour 89 % des gens de Kugluktuk, même lorsque leur langue maternelle diffère. Seulement 10 % des gens de la communauté disent utiliser régulièrement l’inuinnaqtun à la maison, soit comme première ou comme deuxième langue d’usage, et 5 % affirment que l’inuinnaqtun est leur langue maternelle. En comparaison avec l’ensemble du Nunavut, Kugluktuk compte une proportion inhabituellement élevée de gens qui indiquent que leur langue maternelle n’est ni l’anglais ou le français, ni une autre langue inuite, soit 19 %. Un grand nombre de foyers sont plurilingues. Attendez-vous à ce que la plupart des réunions ou évènements publics se déroulent en anglais et en inuinnaqtun. Il y a d’importantes variations entre les dialectes inuktituts au Nunavut. Par conséquent, si vous avez déjà parlé l’inuktitut dans une autre communauté, préparez-vous à apprendre des différences dialectales et à vous faire corriger votre usage par les résidents à l’occasion. Enfin, la langue inuite (l’inuktitut et l’inuinnaqtun), l’anglais et le français sont les langues officielles du Nunavut. Vous avez donc le droit de demander des services gouvernementaux dans la langue officielle de votre choix.

Par rapport aux normes canadiennes, Kugluktuk est une communauté assez jeune. Cependant, l’âge médian, qui s’établit à 24,3 ans, est considérablement plus élevé que celui constaté dans bon nombre de communautés du Nunavut. Selon le recensement de 2011, il y a environ 195 enfants d’âge préscolaire et 340 enfants d’âge scolaire, de sorte que 37 % de la population a moins de 18 ans. Par ailleurs, 5 % de la population a plus de 65 ans.

Économie: 

Kugluktuk possède une longue histoire de développement économique. L’essor récent des mines dans la région s’inscrit en continuité avec l’exploration économique datant de l’époque de Hearne. Outre ces exploitations minières, pétrolières et gazières, bon nombre de résidents se sont déplacés vers d’autres localités des Territoires du Nord-Ouest afin de participer à des projets à Hay River (construction de voies ferrées), à Yellowknife (exploitation minière et transport) et à Beaufort Sea (prospections pétrolières et gazières). Les avantages économiques reliés au secteur minier fluctuent généralement en fonction de l’état de l’industrie. Néanmoins, la région recèle un large potentiel de ressources.

 

Kugluktuk est au nombre des localités qui tirent parti du programme de décentralisation du gouvernement du Nunavut. Un certain nombre de postes gouvernementaux sont ainsi situés à Kugluktuk, tels qu’un bureau de traduction, des programmes des sports et loisirs et des services communautaires et gouvernementaux. On trouve aussi dans la localité l’organisme Kitikmeot School Operations, qui se charge de l’encadrement des écoles de la région. Le tourisme, qui est un autre volet important de l’économie locale, concentre principalement ses activités sur les sites historiques à proximité. Le Parc territorial Kugluk/Bloody Falls, situé à 15 km du hameau, se déploie autour des chutes (kugluk) dont la localité tire son nom actuel. Parcs Nunavut considère aussi la rivière Coppermine comme étant un site patrimonial. En 2002, la rivière a été mise en candidature pour faire partie du Réseau des rivières du patrimoine canadien. Le centre d’information et du patrimoine et le musée de Kugluktuk offrent de nombreux services et activités touristiques, tels que des cartes, de l’information sur les sentiers et les coordonnées de pourvoyeurs. En plus de l’économie basée sur les salaires qui est soutenue par le gouvernement, les industries et les services locaux, un grand nombre de résidents de Kugluktuk s’adonnent aussi à la chasse et la pêche de subsistance.

 

Comme c’est le cas dans de nombreuses communautés du Nunavut, il n’y a pas de succursale bancaire à Kugluktuk et il arrive souvent que la quantité d’argent comptant disponible soit extrêmement limitée. Il y a des guichets automatiques au Northern Store, à la Co-op et à l’aéroport, mais les sommes disponibles sont restreintes. Les cartes de débit Interac et les cartes de crédit sont acceptées par la plupart des détaillants. Il est fortement recommandé que les nouveaux arrivants s’inscrivent aux services bancaires par Internet et utilisent des méthodes de paiement de factures en ligne, car le mauvais temps peut souvent perturber les transports et retarder le service postal.

Faune: 

Puisque la toundra de la rivière Coppermine se situe à proximité de la limite forestière, il est possible d’observer dans la région les animaux de la forêt boréale (comme l’ours brun, le carcajou et l’orignal, qui fréquentent les landes), de même que les animaux de la toundra (le bœuf musqué, le caribou, le renard, le loup et le lièvre arctique). On voit souvent des écureuils terrestres, qu’on appelle dans la région hikhik. Divers rapaces, comme les faucons pèlerins, les buses pattues et les pygargues à tête blanche, sont aussi répandus dans la région. Les gens pêchent l’omble chevalier et le poisson blanc. Enfin, les phoques annelés abondent dans le golfe Coronation.

Suggestions de lecture: 
  • BACK, George. Arctic Artist: the journal and paintings of George Back, Midshipman with Franklin, 1819-1822, McGill-Queen’s University Press (édité par C. Stuart Houston, préfacé par I.S. MacLaren), Montréal et Kingston, 1994.
  • BENNETT, John et Susan ROWLEY [dir.]. Uqalurait: an oral history of Nunavut, McGill-Queen’s University Press, Montréal et Kingston, 2004.
  • DORAIS, Louis-Jacques. The language of the Inuit: syntax, semantics and society in the Arctic, McGill-Queen’s University Press, Montréal et Kingston, 2010.
  • ISSEMAN, Betty Kobayashi. Sinews of Survival: the living legacy of Inuit clothing, UBC Press, Vancouver, 1997.
  • JENNESS, Diamond. Arctic Odyssey: the diary of Diamond Jenness, 1913-1916, Musée canadien des civilisations, Hull, 1991. 
  • MACDONALD, John. The Arctic sky: Inuit astronomy, star lore and legend, Iqaluit et Toronto, Institut de recherche du Nunavut et Musée royal de l'Ontario, 1998.
  • MCGHEE, Robert. Une histoire du monde arctique – Le dernier territoire imaginaire, Fides Inc., Saint-Laurent, 2006.
  • MORRISON, David et Georges-Hébert GERMAIN. Inuit: glimpses of an Arctic past, Musée canadien des civilisations, Hull, 1995.
  • PAUKTUUTIT INUIT WOMEN OF CANADA. L’art de vivre inuit  –  Guide sur la culture inuit, éd. rév. Ottawa, Pauktuutit Inuit Women of Canada, 2006.