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Naujaat

Naujaat

Région: 
Opérations scolaires de Kivalliq (OSKiv)

Community

À propos
Histoire: 

Le nom inuit de la communauté, Naujaat, signifie « l'endroit de nidification des mouettes  » et fait référence à la présence dans les environs d’une falaise où ces oiseaux viennent nicher.  Les Inuits vivent dans les environs de Repulse Bay depuis la période de l'occupation thuléenne et on retrouve des traces d'un voyage entre Naujaat et la région d'Amitturmiut (Igloolik-Hall Beach) sur la péninsule de Melville. Le premier contact répertorié avec les Européens remonte à 1742, lorsque l’explorateur britannique Christopher Middleton s’est aventuré dans la baie d'Hudson à la recherche du passage du Nord-Ouest. Un débat est d’ailleurs toujours en cours à savoir si l'appellation Repulse Bay (« baie du Rejet ») peut être attribuée à Middleton qui l’aurait ainsi qualifiée car il aurait été littéralement « repoussé » de celle-ci, ou à un bateau britannique du même nom qui aurait exploré l’endroit aussi au 18e siècle. Repulse Bay a été une base importante pour les baleiniers américains et européens lors de la période faste de la chasse à la baleine lors des années 1800. Les baleiniers engageaient des Inuits pour les aider à chasser principalement les baleines boréales. Plusieurs groupes de baleiniers choisissaient de passer l'hiver dans le secteur, sur les iles Harbour, ce qui leur permettait de commencer leur saison avant la pleine débâcle de la baie d'Hudson. Ces iles leur fournissaient un refuge bien protégé, réduisant ainsi la probabilité des dommages causés par la glace aux coques des navires.

 

À la fin du du 19e siècle, la Compagnie de la Baie d'Hudson a envoyé des représentants dans le secteur, dont l'explorateur John Rae, qui a trouvé des vestiges de l'expédition perdue de Franklin et les a rapportés en Grande-Bretagne. La CBH a ouvert un comptoir de traite de fourrures en 1916, suivi par les Frères Revillon en 1923, ces compagnies établissant à l'époque des comptoirs concurrents en divers endroits. La première mission catholique s’y est installée en 1932. Une école et des logements sociaux ont suivi dans les années 1960, contribuant à donner naissance à la communauté actuelle de Naujaat (Repulse Bay).

 

Le site Web d'orientation du personnel du gouvernement du Nunavut (GN) offre également une excellente compilation de matériel sur l'histoire générale du Nunavut. Il procure une vue d'ensemble de la culture et de l'histoire des Inuit et de la façon dont les principes culturels inuits (les Inuit Qaujimajatuqangniit – communément nommés IQ Principles en anglais) sont incorporés dans les activités et les services du gouvernement. Nous vous recommandons de consulter ce site lorsque sa restructuration sera terminée.  Pour le moment, vous pourrez sans doute obtenir de l’information à l’adresse suivante : http://www.gov.nu.ca/.

Culture, langue et vie communautaire: 

À l’instar de la plupart des petites communautés inuites d’aujourd’hui, la vie à Naujaat amalgame les télécommunications et technologie modernes (télévision, Internet et motoneiges haute performance) avec les activités traditionnelles (chasse et pêche). Ses résidents préservent des savoir-faire traditionnels, tels que la couture de vêtements dans des matériaux modernes et traditionnels, l’élevage de chiens de traineaux et l’utilisation de l’extérieur comme chambre froide pour conserver la nourriture durant une bonne partie de l'année.

 

On retrouve trois églises à Naujaat : l'église anglicane St. Stephen, l'église catholique romaine Our Lady of the Snows et une église Glad Tidings. 

 

L'inuktitut est la langue la plus parlée à Naujaat. Lors du recensement de 2011, 94 % des résidents ont déclaré que l'inuktitut était leur langue maternelle (dont 86 % l’avaient comme langue première à la maison) et 6 % que c'était leur langue seconde. Environ 10 % de la population ne parle ni l'anglais ni le français, ce qui veut dire qu'occasionnellement, les nouveaux venus ou les visiteurs doivent trouver quelqu'un qui parle anglais pour traduire pour eux, en particulier pour communiquer avec des ainés inuits. Bien qu'il y ait quelques personnes en mesure de parler le français à Naujaat, l'anglais est la langue la plus utilisée après l'inuktitut, étant parlé par 89 % des résidents. L'anglais est également utilisé comme deuxième langue à la maison par 55 % de la population. Attendez-vous à ce que la plupart des réunions et des évènements publics soient animés en anglais et en inuktitut, mais pas à ce que les conversations courantes en inuktitut vous soient traduites automatiquement, seulement parce qu'un locuteur anglophone est présent. Il y a d’importantes variations entre les dialectes inuktituts au Nunavut. Par conséquent, si vous avez déjà parlé l’inuktitut dans une autre communauté, préparez-vous à apprendre des différences dialectales et à vous faire corriger votre usage par les résidents à l’occasion. Le Nunavut compte quatre langues officielles : la langue inuite (inuktitut et inuinnaqtun), l'anglais et le français. Vous avez donc pleinement le droit de demander des services gouvernementaux dans la langue officielle de votre choix.

 

Dans un territoire foisonnant de jeunes, Naujaat est l'une des plus jeunes communautés du Nunavut. Durant le recensement de 2011, on y a dénombré 175 enfants d'âge préscolaire et 295 d'âge scolaire : 50 % de la population est ainsi âgée de moins de 18 ans. L'âge médian est de 18,2 ans et seulement 2 % de la population est âgée de plus de 65 ans.

Économie: 

Étant donné que c’est une petite communauté où la moitié de la population est d’âge scolaire, l'économie de Naujaat est majoritairement consacrée à l’approvisionnement en biens et en service des résidents. Il y a de l’exploration minière dans la région, ce qui contribue à stimuler l’économie de l’extérieur. En outre, plusieurs emplois saisonniers dépendent du secteur touristique. Notamment, Naujaat est un point d'entrée pour le parc national Ukkusiksalik qui entoure la baie Wager, situé à environ 145 kilomètres de la communauté. Le voyage prend 15 minutes en avion, mais selon la saison, la destination peut aussi être atteinte en bateau, motoneige ou traineau à chiens. Des excursions d'observation des baleines et d'autres expéditions d'observation de la faune sont également offertes par les pourvoyeurs et les guides locaux, particulièrement pendant les mois où les eaux sont libres de glace.

 

Comme dans plusieurs communautés du Nunavut, il n'y a aucune succursale bancaire à Naujaat et l’approvisionnement en argent comptant peut souvent devenir très limité. Les magasins Northern et la Co-op offrent cependant certains services bancaires « de base », comme la possibilité de maintenir un petit compte bancaire avec le magasin ou l'encaissement de chèques moyennant des frais de service, etc. Il y a un guichet automatique au magasin Northern et la Co-op permet de retirer de l’argent en payant par Interac si les liquidités le permettent. Les cartes de débit (service Interac) et les cartes de crédit sont acceptées par la plupart des détaillants. Il est fortement recommandé d'effectuer les opérations bancaires par Internet, car la météo capricieuse et les perturbations dans les transports peuvent souvent retarder le service postal.

Faune: 

Naujaat, « l'endroit de nidification des mouettes », accueille une grande variété d'oiseaux pendant la saison estivale. On peut y apercevoir, entre autres, des bruants des neiges, des huards, des eiders, des harfangs des neiges, des labbes, des sternes, des cygnes siffleurs et des rapaces, tels que des faucons pèlerins, des faucons gerfauts et des buses pattues. Plusieurs espèces de baleines vivent dans les environs, dont des narvals, des bélougas, des baleines boréales et des épaulards (orques ou « baleines tueuses »). On y retrouve aussi d'autres espèces marines comme le phoque annelé, le phoque barbu et le phoque du Groenland, de même que l’ours polaire et le morse. Dans la toundra, vous retrouverez des caribous, des lièvres arctiques, des loups, des renards arctiques et d’autre petit gibier. 

Suggestions de lecture: 
  • BENNETT, John et Susan ROWLEY, rédacteurs. Uqalurait: an oral history of Nunavut, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2004.
  • COPLAND, A. Dudley. Coplalook : Chief Trader, Hudson’s Bay Company, 1923-39, Winnipeg, Watson et Dwyer, 1989.
  • DORAIS, Louis-Jacques. The language of the Inuit: syntax, semantics and society in the Arctic, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2010.
  • EBER, Dorothy Harley. When the whalers were up North, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 1989.
  • FOSSETT, Renee. In order to live untroubled: Inuit of the Central Arctic, 1550-1940, Winnipeg, University of Manitoba Press, 2001.
  • ISSENMAN, Betty Kobayashi. Sinews of Survival: the living legacy of Inuit clothing, Vancouver, UBC Press, 1997.
  • MACDONALD, John. The Arctic sky: Inuit astronomy, star lore and legend, Iqaluit et Toronto, Institut de recherche du Nunavut et Musée royal de l'Ontario, 1998.
  • MCGHEE, Robert, Une histoire du monde arctique – Le dernier territoire imaginaire, Fides Inc., Saint-Laurent, 2006.
  • MORRISON, David et Georges-Hébert GERMAIN. Inuit: glimpses of an Arctic past, Hull, Musée canadien des civilisations, 1995.
  • PAUKTUUTIT INUIT WOMEN OF CANADA. L’art de vivre inuit  –  Guide sur la culture inuit, éd. rév. Ottawa, Pauktuutit Inuit Women of Canada, 2006. 
  • ROWLEY, Graham W. Cold comfort: my love affair with the Arctic, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 1996.