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Pangnirtung

Pangnirtung

Région: 
Opérations scolaires de Qikiqtani (OSQ)

Community

À propos
Histoire: 

La région environnante de Pangnirtung (Pannirtuuq, « endroit du caribou mâle »), située sur l’ile de Baffin dans un fiord de la baie Cumberland, connait l’occupation humaine depuis la période pré-Dorset, 2000-500 av. J.-C. En plus d’être accessible par la mer, « Pang » est sise au bout de la passe Aksayuk, important corridor reliant Pangnirtung et Qikiqtarjuaq utilisé comme principal sentier de randonnée. John Davis, premier explorateur européen de la région, était à la recherche du passage du Nord-Ouest en 1585. En 1838, William Penny, baleinier écossais, est entré dans la baie Cumberland et a trouvé que la région avait un fort potentiel pour une chasse à la baleine. En 1840, la première station baleinière était établie à l’ile Kekerten, dans la baie Cumberland. Des groupes de baleiniers américains et écossais s’installèrent dans la région, et les Inuit locaux se rapprochèrent alors des opérations de chasse à la baleine à Kekerten et à l’ile Blacklead, un peu plus loin dans la baie Cumberland, pour le travail et la traite.

 

La Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC) a établi un poste de traite à Pangnirtung en 1921 et un détachement de la GRC suivit en 1923. Arrivée en 1929, l’Église anglicane a fondé la mission et l’hôpital St-Luke, qui dessert une grande partie de l’Arctique de l’Est. Plusieurs Inuit commencèrent à s’installer dans la communauté au début des années 1960, à la suite d’une épidémie de la maladie de Carré qui a décimé la population des chiens de traineau. En 1962, le gouvernement fédéral a établi un bureau administratif et lancé la construction de logements dans la communauté. La réserve du parc national Auyuittuq (aujourd’hui un parc à part entière) a vu le jour dans les années 1970, lorsque Parcs Canada a fait de Pangnirtung le centre administratif du parc. L’accès de la communauté aux riches ressources marines encouragea le développement de l’industrie des pêches dans la ville. De plus, avec la création en coopérative d’un studio de tissage de tapisserie et d’un studio d’artistes, Pangnirtung est devenue un centre d’art inuit de l’Arctique de l’Est. Le hameau, officiellement établi en 1973, est devenu en 1999 l’une des communautés qui accueillent plusieurs services décentralisés du gouvernement du Nunavut.

 

Le site Web pour l’orientation des employés du gouvernement du Nunavut offre un excellent éventail de ressources relatives à l’histoire du Nunavut en général, en plus d’un aperçu général de la culture et de l’histoire inuites ainsi qu’une explication de l’intégration des principes culturels inuits dans les opérations et les services gouvernementaux. Nous vous recommandons de consulter ce site lorsque sa restructuration sera terminée.  Pour le moment, vous pourrez sans doute obtenir de l’information à l’adresse suivante : http://www.gov.nu.ca/.

Culture, langue et vie communautaire: 

Les Inuit locaux ont adopté plusieurs techniques de l’art occidental et les ont transformées en puissantes évocations de la culture inuite. Le Centre d’arts et d’artisanat Uqqurmiut (http://www.uqqurmiut.com/) héberge le studio de tissage de Pangnirtung (http://www.uqqurmiut.com/Tapstudio.html), qui était à ses débuts une initiative de développement économique du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest dans les années 1970, est devenu célèbre à l’échelle mondiale pour ses interprétations saisissantes de la vie et des légendes des Inuit. Il abrite aussi l’atelier d’imprimerie de Pangnirtung (http://www.uqqurmiut.com/Printshop.html), renommé pour son travail au pochoir, mais il ne cesse d’expérimenter de nouvelles techniques de la gravure. Pangnirtung accueille les sculpteurs dont les œuvres sont exposées dans le monde entier, et les artistes plus jeunes s’adonnent à la photographie, documentant par leur art la vie communautaire et les paysages spectaculaires. (http://www.nunatsiaqonline.ca/stories/article/65674writing_with_light_david_kilabuks_big_talent/).

 

La chasse et la pêche traditionnelles pour la « nourriture du terroir » (chasse de subsistance), comme le caribou, le béluga et le lagopède, occupent encore une part importante de la vie communautaire, et les habiles couturières continuent à préparer les peaux provenant de la chasse pour confectionner des bottes et autres accessoires.

 

Bien que les résidants de Pangnirtung soient des gardiens extrêmement fiers de leur culture inuite et de leur dialecte inuktitut, ils sont en contact avec la culture européenne depuis des centaines d’années et ont tissé des liens étroits avec plusieurs baleiniers. D’ailleurs nombre d’entre eux ont un baleinier quelque part dans leur arbre généalogique. Le Centre d’interprétation Angmarlik et celui de Parcs Canada (http://www.pc.gc.ca/eng/pn-np/nu/auyuittuq/index.aspx), tous deux établis dans le hameau, ainsi que le parc territorial Kekerten , à trois heures de trajet en bateau, documentent l’histoire de la chasse à la baleine locale et ses relations avec la culture inuite locale.

 

La Mission anglicane est arrivée à Pangnirtung en 1929 et a été très présente dans le développement de la communauté (http://www.arcticnet.org/Pangnirtung). L’Hôpital St-Luke, bâti en 1930, était le premier hôpital de l’ile de Baffin. Finalement, l’hôpital a fermé ses portes et l’édifice a servi à héberger l’Arthur Turner Training School (ATTS), séminaire anglican établi pour encourager les Inuit à joindre le ministère. La plus grande partie du clergé inuit de l’Église anglicane dans l’Arctique de l’Est aujourd’hui est diplômé de l’ATTS. Il existe actuellement deux églises, l’église anglicane St-Luke et une église pentecôtiste (sans téléphone). Un prêtre catholique romain rend visite à la communauté de temps à autre, mais il n’y a pas d’église catholique.

 

Comme c’est le cas pour la plupart des communautés de la région de Qikiqtani, la langue inuktitute est bien vivante à Pangnirtung. Vous l’entendrez parler dans la rue et utiliser de façon régulière dans la vie quotidienne. Selon le recensement de 2011, 93 % de la population déclare l’inuktitut comme sa langue maternelle et seulement 4 % l’anglais. Près des trois quarts des résidants de Pangnirtung parlent anglais, 26 % utilisent l’anglais comme langue seconde à la maison, et il y a quelques francophones. Toutefois, 27 % des résidents parlent seulement l’inuktitut, ce qui signifie que les nouveaux arrivants ou les visiteurs ont besoin de trouver, à l’occasion, une personne parlant l’anglais pour traduire pour eux. L’inuktitut est la langue principalement utilisée à la maison pour 88 % des résidents, et plusieurs familles s’exprimant en anglais utilisent aussi l’inuktitut régulièrement à la maison. Vous pouvez vous attendre à ce que la plupart des évènements publics et aussi des réunions se déroulent dans les deux langues, mais non à ce que les conversations générales en inuktitut soient traduites automatiquement à cause de la présence d’un anglophone. Les dialectes inuktituts varient considérablement au Nunavut, aussi, si vous avez parlé l’inuktitut dans une autre communauté, soyez prêt à apprendre les différences dialectales et à accepter que les résidents corrigent vos expressions. La langue inuite (inuktitut et inuinnaqtun), l’anglais et le français sont les langues officielles du Nunavut, vous avez donc le droit de demander des services gouvernementaux dans la langue officielle de votre choix.

 

Pangnirtung est une jeune communauté croissante. Le recensement de 2011 a relevé 175 enfants d’âge préscolaire et 420 d’âge scolaire, ce qui représente 42 % de la population des moins de 18 ans. L’âge moyen des résidents est de 23 ans et 5 % de la population a plus de 65 ans. Le Centre d’interprétation Angmarlik accueille les réunions des ainés de la communauté.

Économie: 

Pangnirtung est l’une des rares communautés du Nunavut qui a une économie réellement diversifiée. Depuis plusieurs décennies, le tourisme joue un rôle important dans le développement de la communauté. Pangnirtung sert de porte d’entrée aux parcs territoriaux et fédéraux et elle est dotée de sites d’une beauté spectaculaire et d’une industrie touristique basée sur l’art. La réserve du parc national Auyuittuq a été créée dans les années 1970 et est devenue un parc à part entière après le règlement de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut (http://www.pc.gc.ca/eng/pn-np/nu/auyuittuq/index.aspx). Parcs Canada a fait de Pangnirtung le centre administratif du parc avec un bureau satellite à Qikiqtarjuaq. Parcs Canada a également bâti un centre d’interprétation pour le parc à Pangnirtung en 1992. Le parc territorial Kekerten Territorial Park préserve et interprète l’histoire de la période de la chasse à la baleine dans la région, et le Centre d’interprétation Angmarlik sert de point d’ancrage pour le parc dans le hameau. Des pourvoyeurs locaux amènent les visiteurs jusqu’aux deux parcs, auxquels on a accès par bateau en été et par motoneige en hiver. Pangnirtung est aussi une destination favorite pour les alpinistes. Le record pour la plus longue descente en rappel au monde fut réalisé à Auyuittuq sur le mont Thor.

 

Pangnirtung abrite aussi les bureaux décentralisés du gouvernement du Nunavut, incluant le Bureau des statistiques du Nunavut, les programmes de développements économiques des communautés pour le ministère du Développement économique et des services d’aide à la carrière et à la petite enfance, ainsi que des services scolaires du ministère de l’Éducation. Compte tenu de l’histoire maritime de la communauté, le développement de l’industrie de l’omble chevalier et du turbot est un prolongement naturel, et le port a récemment été agrandi pour répondre aux besoins des plus grands bateaux et leur permettre de décharger le poisson pour l’usine de transformation du poisson. Pangnirtung, un des principaux centres d’art de l’Arctique de l’Est, procure de l’emploi à plusieurs artistes. Outre l’économie de services locale, plusieurs résidants s'adonnent à des activités de chasse et de pêche de subsistance, apportant une contribution à l’approvisionnement alimentaire de la communauté.

 

Plusieurs activités économiques de Pangnirtung peuvent être observées en pleine action sur la page des vidéos du hameau (http://www.pangnirtung.ca/videos), de la fourniture des services municipaux (regardez le remplissage d’un réservoir d’eau d’une maison!) aux activités de l’usine de transformation du poisson, à l’intérieur d’un atelier de tissage et une visite guidée en ligne du Centre des visiteurs Angmarlik.

 

Comme dans la plupart des communautés nunavoises, il n’y a aucune succursale bancaire à Pangnirtung, et l’approvisionnement en liquidités peut souvent devenir très limité. Le magasin Northern et la Coopérative offrent des services bancaires de base pouvant inclure la possibilité de garder un peu de liquidités dans un compte, d’encaisser des chèques, etc. Les cartes de débit Interac et de crédit sont acceptées dans la plupart des commerces. En raison des retards fréquents des services postaux causés par les mauvaises conditions météorologiques, il est fortement recommandé aux nouveaux arrivants d’adopter les services bancaires et les méthodes de paiement de factures en ligne.  

Faune: 

Sise sur les rives du fiord Pangnirtung, qui pénètre dans la baie de Cumberland, Pangnirtung a une faune marine abondante. Historiquement, la région a soutenu d’importantes flottes baleinières et plusieurs camps de chasse à la baleine. Les baleines d’espèces différentes, incluant la baleine boréale, le béluga, le narval, le petit rorqual et l’épaulard, sont toujours présentes, de même que le morse et plusieurs espèces de phoque, et, bien sûr, l’ours polaire. La pêche compte énormément dans l’économie locale et on y pratique la pêche commerciale de l’omble chevalier, du turbot, du pétoncle et de la crevette du Groenland. La topographie locale ne convient pas aux hardes de caribous et les chasseurs locaux doivent habituellement traverser la baie ou s’enfoncer dans les terres pour trouver des petites hardes. Les hautes falaises et les vallées profondément encaissées accueillent une grande variété d’espèces d’oiseaux, des faucons, des lagopèdes, des mouettes et des oiseaux migrateurs chanteurs. Le petit gibier y compris les lemmings, les renards arctiques et les loups sont aussi présents. Les ours polaires s’aventurent très rarement près de la ville, comme le montrent les photos prises en décembre 2012 (http://www.pangnirtung.ca/node/216).

Suggestions de lecture: 
  • BENNETT, John & Susan ROWLEY, eds. Uqalurait: an oral history of Nunavut. Montréal & Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2004.
  • BOAS, Franz. The Central Eskimo. Lincoln: University of Nebraska Press, 1964
  • DALTON, Anthony: Arctic naturalist: the life of J. Dewey Soper. Toronto: Dundurn Press, 2010
  • DORAIS, Louis-Jacques: The language of the Inuit: syntax, semantics and society in the Arctic. Montréal & Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2010.
  • EBER, Dorothy Harley: When the whalers were up North. Montréal & Kingston: McGill-Queen’s University Press, 1989
  • HANKINS, Gerald: Sunrise over Pangnirtung: the story of Otto Schaefer, M.D. Calgary: Arctic Institute of North America, University of Calgary, 2000.
  • ISSENMAN, Betty Kobayashi. Sinews of Survival: the living legacy of Inuit clothing. Vancouver: UBC Press, 1997.
  • MACDONALD, John. The Arctic sky: Inuit astronomy, star lore and legend. Iqaluit & Toronto: Institut de recherche du Nunavut et Musée royal de l'Ontario, 1998..
  • MCGHEE, Robert. The last imaginary place: a human history of the Arctic world. Toronto: Key Porter Books, Musée canadien des civilisations, 2004.
  • MORRISON, David and Georges-Hébert GERMAIN. Inuit: glimpses of an Arctic past. Hull: Musée canadien des civilisations, 1995.
  • PAUKTUUTIT INUIT WOMEN OF CANADA. L’art de vivre inuit  –  Guide sur la culture inuit, éd. rév. Ottawa: Pauktuutit Inuit Women of Canada, 2006. 

 

Références

Les références aux sites Web ont été mises à jour en juillet 2013 :

  • Étude de la Loi sur les boissons alcoolisées du Nunavut : Synopsis, 2010.
  • Nunavut Handbook, 2004.
  • NorthwesTel, Bottin, mars 2012-février 2013.
  • Statistiques Canada. 2012. Pangnirtung, Nunavut (Code 6204009) et Nunavut (Code 62) (table). Profil du recensement de 2011. Catalogue de Statistiques Canada no 98-316-XWE. Ottawa. Publié le 24 octobre 2012. [Évalué le 22 janvier 2013.]