Vous êtes ici

Taloyoak

Taloyoak

Région: 
Opérations scolaires de Kitikmeot (OSKit)

Community

À propos
Histoire: 

Les Netsilingmiuts, ou les « gens du netsilik (phoque) », habitent les terres autour de la communauté de Taloyoak (autrefois Spence Bay) depuis aussi longtemps que l'on se souvienne. Plusieurs sont des descendants du peuple de Thulé, le premier à traverser ce territoire. Comme c’est le cas de nombreuses communautés au Nunavut, la recherche du passage du Nord-Ouest fut à l’origine du premier contact répertorié entre l'explorateur John Ross et les habitants de la région en 1829. Ross, son bateau et son équipage sont restés prisonniers des glaces pendant quatre ans. Entre 1848 et 1860, plusieurs autres expéditions se sont amenées dans le secteur à la recherche de l’expédition de Franklin.  En 1905-1906, l'explorateur Roald Amundsen s'est également rendu dans la région, alors qu’il réussissait la première traversée répertoriée du passage du Nord-Ouest. On retrouve également dans la région des traces de diverses expéditions de chasse à la baleine datant de l'âge d'or de cette pratique dans l'Arctique.

 

La communauté de Spence Bay a été établie en 1948, quand la Compagnie de la Baie d'Hudson et la GRC se sont installées sur place. Des missions catholique et anglicane ont suivi dans les années 1950. Incorporé comme hameau en 1976, Spence Bay a changé son nom pour Taloyoak le 1er juillet 1992. Le mot inuktitut talurqjuak (qui signifie « grande cachette de pierres ») a été choisi comme nom pour le hameau en raison d’une cachette en pierres que les Inuits du secteur utilisent traditionnellement pour encercler et capturer les caribous.

Le site Web pour l’orientation des employés du gouvernement du Nunavut offre un excellent éventail de ressources relatives à l’histoire du Nunavut en général, en plus d’un aperçu de la culture et de l’histoire inuites ainsi qu’une explication sur la manière dont les principes culturels inuits sont intégrés dans les opérations et les services gouvernementaux. Nous vous recommandons de consulter ce site lorsque sa restructuration sera terminée. Pour le moment, vous pouvez obtenir de l’information sur le site Web du gouvernement du Nunavut.

Culture, langue et vie communautaire: 

Les gens de Taloyoak tiennent en haute estime le savoir inuit ancestral, même s’il ne reste seulement qu’une poignée d'ainés ayant connu les anciennes façons de vivre des Netsilingmiuts. Aujourd’hui, la vie quotidienne dans la communauté est un mélange de modernité occidentale et de pratiques inuites traditionnelles. Par exemple, il n’est pas rare de voir une famille regarder la télévision câblée ou par satellite en mangeant de la nourriture traditionnelle comme du phoque, préparé et partagé à même le sol dans un endroit désigné. Une partie du patrimoine historique oral de Taloyoak a d’ailleurs été compilée par la Fiducie du patrimoine inuit (FPI), avec le soutien financier de Patrimoine Canada. Ces histoires sont présentées en ligne sur le site Taloyoak : Histoires de tonnerre et de pierres. En outre, ce site présente un historique de la communauté et la vision qu’a la Fiducie du patrimoine inuit de son rôle dans la conservation des vestiges archéologiques et de l'histoire orale du Nunavut. On trouve deux églises à Taloyoak : l’église anglicane Church of the Good Shepherd et l'église catholique St-Michel, établie en 1954 et reconstruite en 2001.

 

Selon le recensement de 2011, bien que 98 % de la population de Taloyoak soit d'ascendance inuite et que 63 % déclarent avoir la langue inuite comme langue maternelle, l'anglais est la langue la plus utilisée à Taloyoak. En effet, 83 % de la population utilise l’anglais comme langue première à la maison contre 16 % pour l'inuktitut, que 55 % des gens ont comme deuxième langue. Moins de 2 % sont des locuteurs unilingues en inuktitut. L’enseignement se déroule en inuktitut au préscolaire et lors des premières années du primaire pour tenter de freiner cette perte de la langue. Vous pouvez vous attendre à ce que la plupart des réunions et des évènements publics soient animés dans les deux langues. Il existe différents dialectes inuktituts au Nunavut, alors si vous avez appris à parler l'inuktitut dans une autre communauté, préparez-vous à apprendre les différences dialectales et à vous faire probablement reprendre dans votre usage par les résidents locaux. La langue inuite (inuktitut et inuinnaqtun), l'anglais et le français sont tous des langues officielles du Nunavut. Vous avez donc le droit de demander des services gouvernementaux dans la langue officielle de votre choix.

 

 

La population de Taloyoak est très jeune. Durant le recensement de 2011, on y a répertorié 130 enfants d'âge préscolaire et 260 d'âge scolaire, pour un total de 43% de la population âgée de 18 ans ou moins. L'âge médian y est de 20,9 ans et les ainés (65 ans et plus) comptent pour seulement 4% de la population. Un des volets les plus importants du projet de la FPI consistait à demander aux étudiants d'interviewer des ainés, afin de colliger des récits oraux et d’élargir leurs propres connaissances des traditions et des histoires locales.

Économie: 

Taloyoak est considérée comme l'une des communautés les plus « traditionnelles » du Nunavut : la chasse et le trappage y jouent toujours un rôle de premier plan. Les artistes, les sculpteurs et les artisans sont aussi importants pour l'économie locale, ceux-ci vendant leurs œuvres autant dans les boutiques qu’en faisant du porte-à-porte. La communauté est particulièrement reconnue pour ses « poupées de Spence Bay », des pièces de collection représentant des animaux arctiques vêtus d’amautiit ou de parkas et portant leurs petits. Les sculptures de Taloyoak, façonnées dans la pierre, l'os de baleine, le bois de caribou ou l'ivoire de morse, dépeignent souvent des légendes inuites. Le tourisme local se concentre principalement sur des activités de randonnée, de camping, de chasse et de pêche. À ces secteurs d’activité viennent se greffer des emplois rémunérés dans le domaine des biens et services pour les résidents.

 

Comme c’est le cas dans de nombreuses communautés du Nunavut, il n’y a pas de succursale bancaire à Taloyoak et il arrive souvent que la quantité d’argent comptant disponible soit extrêmement limitée. Il y a un guichet automatique au magasin Northern, mais les sommes disponibles sont restreintes. Les services de paiement Interac et par carte de crédit sont disponibles dans la plupart des magasins de vente au détail. Il est fortement recommandé que les nouveaux arrivants s’inscrivent aux services bancaires par Internet et utilisent des méthodes de paiement de factures en ligne, car le mauvais temps peut souvent perturber les transports et retarder le service postal.

Faune: 

La faune arctique est variée et abondante aux alentours de Taloyoak. Selon la saison, on peut y voir des caribous, des lemmings, des écureuils terrestres (siksik), des lièvres, des renards, des corbeaux, des goélands, des sternes, des bruants des neiges, des lagopèdes, des faucons gerfauts et des harfangs des neiges. De grandes volées d'oies et de canards migrateurs peuvent être aperçues au printemps et à l'automne. Des troupeaux de bœufs musqués vivent au nord et au sud de Taloyoak. En mer, on retrouve des morses, de la morue et du poisson à chair blanche; et dans les lacs environnants, de la truite et de l'omble chevalier. Des groupes de bélugas et de narvals peuvent également voyager dans le secteur. Sur terre, on aperçoit parfois des loups, des carcajous et des ours polaires. Durant les mois d'été, les insectes abondent. Les résidents disent qu’il est essentiel d’avoir un chasse-moustique efficace et des vêtements anti-moustiques pour les mois d’été.

Suggestions de lecture: 
  • BALIKCI, Asen. The Netsilik Eskimo, American Museum of Natural History Press, New York, 1970.
  • BENNETT, John et Susan ROWLEY [dir.]. Uqalurait: an oral history of Nunavut, McGill-Queen’s University Press, Montréal et Kingston, 2004.
  • DORAIS, Louis-Jacques. The language of the Inuit: syntax, semantics and society in the Arctic, McGill-Queen’s University Press, Montréal et Kingston, 2010.
  • ISSEMAN, Betty Kobayashi. Sinews of Survival: the living legacy of Inuit clothing, UBC Press, Vancouver, 1997.
  • MACDONALD, John. The Arctic sky: Inuit astronomy, star lore and legend, Iqaluit et Toronto, Institut de recherche du Nunavut et Musée royal de l'Ontario, 1998.
  • MCGHEE, Robert. Une histoire du monde arctique – Le dernier territoire imaginaire, Fides Inc., Saint-Laurent, 2006.
  • MORRISON, David et Georges-Hébert GERMAIN. Inuit: glimpses of an Arctic past, Musée canadien des civilisations, Hull, 1995.
  • PAUKTUUTIT INUIT WOMEN OF CANADA. L’art de vivre inuit  –  Guide sur la culture inuit, éd. rév. Ottawa, Pauktuutit Inuit Women of Canada, 2006.